À quelle fréquence faire suivre son animal par un ostéopathe ?
La bonne réponse n'est ni « jamais » ni « tous les trois mois ». Elle dépend de l'espèce, de l'âge, de l'activité, et surtout de ce que vous observez au quotidien.
C’est la question qu’on me pose systématiquement à la fin d’une première consultation : « et je vous rappelle quand ? ». Voici mes repères, espèce par espèce.
Une précision avant de commencer : ces rythmes valent pour du suivi préventif, sur un animal qui va bien. Un animal qui présente un problème se voit quand il présente le problème, pas à la date anniversaire.
Le cheval
Cheval de loisir, monté quelques fois par semaine : une fois par an. Calez cette consultation à un moment charnière plutôt qu’à une date fixe. Le meilleur moment est en général la reprise du travail après la coupure hivernale, ou juste avant le début de la saison si vous sortez en concours.
Cheval de sport en saison : deux fois par an. Un avant la reprise, un en cours de saison. Un cheval qui enchaîne les sorties accumule les contraintes, et le suivi régulier permet de corriger avant que ça se voie.
Cheval au pré, sans travail : une fois par an quand même. C’est contre-intuitif, mais l’absence de travail crée ses propres déséquilibres. Un cheval qui ne travaille plus perd de la musculature dorsale, se raidit, et compense autrement. Chez le cheval âgé au pré, le suivi annuel apporte beaucoup de confort.
Jeune cheval en débourrage : deux fois la première année. C’est le moment où tout se met en place, où la selle arrive, où le poids d’un cavalier s’ajoute pour la première fois. Autant vérifier que cela se passe bien.
Le chien
Chien de famille en bonne santé : une fois par an, ou tous les dix-huit mois. Pas besoin de plus.
Chien de sport ou de travail : deux fois par an. Agility, canicross, ring, chien de troupeau, chien de chasse. Pour ce dernier, calez la séance avant l’ouverture, pas après la première sortie.
Chiot en croissance, grande race : un passage entre 6 et 12 mois. Sur les races à croissance rapide, un déséquilibre repéré tôt se corrige facilement. Le même déséquilibre à trois ans est installé pour la vie.
Chien âgé ou arthrosique : deux à trois fois par an. C’est là que le suivi régulier change le plus de choses au quotidien. On ne fera pas disparaître l’arthrose, mais on retire à chaque fois la couche de compensations qui s’est ajoutée par-dessus.
Après une opération orthopédique : une séance six à huit semaines après, une fois la cicatrisation acquise et avec l’accord du chirurgien. Un chien opéré d’un genou a passé six semaines à tout charger de l’autre côté.
Le chat
Chat adulte en bonne santé : une fois par an, ou même simplement quand vous observez un changement. Le chat est un animal qui bouge peu comparé à un chien de sport, et qui se blesse surtout par accident.
Chat qui sort : selon les incidents. Chute, bagarre, disparition de quelques jours suivie d’un retour un peu raide. Ce sont ces événements qui déclenchent la consultation, pas le calendrier.
Chat âgé : deux fois par an. Comme pour le chien, c’est l’espèce et l’âge où le gain de confort est le plus net.
Les bovins
En élevage, le raisonnement n’est pas calendaire mais événementiel. On intervient :
- Après un vêlage difficile, pour la mère et pour le veau, le plus tôt possible
- Sur une boiterie qui persiste malgré un parage à jour
- Sur une vache couchée qui peine à se relever, et là c’est urgent
- Sur un veau qui ne tète pas correctement
- Après une chute sur le béton, même si elle paraît sans conséquence
Le suivi préventif systématique sur un troupeau entier n’a pas de sens économique. En revanche, faire voir les deux ou trois animaux qui « traînent » à chaque fois que je passe pour un autre motif, oui : dès deux animaux, le déplacement est offert.
Les chèvres et les NAC
Chèvre de compagnie : une fois par an. Une chèvre de jardin vit sur un terrain plus plat et plus petit que ce pour quoi elle est faite, souvent sur un sol qui glisse. Les blocages s’installent sans que rien ne le signale, puisqu’elle ne travaille pas.
NAC : à la demande, et à la moindre alerte. Lapins, rongeurs, poules et furets masquent la douleur jusqu’au dernier moment. Chez eux, un signe visible est déjà un signe tardif. Le suivi préventif annuel a du sens chez un lapin âgé.
Ce qui doit vous faire appeler entre deux séances
Le calendrier n’est qu’un filet de sécurité. Le vrai déclencheur, c’est votre œil.
Appelez, quelle que soit la date de la dernière consultation, si :
- Votre animal arrête de faire quelque chose qu’il faisait avant : sauter, monter, se coucher, se rouler
- Sa qualité de locomotion change, même sans boiterie franche
- Son comportement se modifie : irritabilité nouvelle, refus d’être touché à un endroit
- Il vient de chuter, glisser ou prendre un coup, même sans conséquence apparente
- Il reprend le travail après un arrêt long
- Il sort d’une opération et récupère moins bien que prévu
Une remarque pour finir. Il n’existe pas de rythme qui « entretient » un animal indéfiniment, et méfiez-vous de quiconque vous propose un abonnement mensuel. Dans la grande majorité des cas, une séance suffit à régler ce pour quoi on m’a appelée. Si je pense qu’un second passage est utile, je vous le dis sur place avec le délai à respecter. Sinon, on se revoit dans un an.